dimanche 5 janvier 2014

Celle qui riait à l'oreille des connards

Afin de célébrer l'arrivé de plus en plus rapprochée du 22e siècle, laissez-moi vous raconter la fois que j'ai habité avec une mannequin pour camisole de force.

Tout a commencé à la fin octobre, quand j'étais dans un motel crade en attendant de me trouver un pied à terre pour les 6 prochains mois sur la ceinture de feu.

Quelqu'un à qui j'avais parlé a parlé à quelqu'un qui s'est pointé à ma job durant mon jour de congé pour me rencontrer. Une collègue m'a relayé le message en disant que ça semblait être un bon deal et qu'il s'agissait d'une madame d'une 40-50e d'années qui avait l'air 'fit' pour son âge.

J'espère que c'est pas Josée Lavigueur, me suis-je dit. Pense pas qu'j'aurais le goût. Bref on communique par texto et on s'entend sur un moment pour se rencontrer. Juste avant la rencontre, suite à un texto des plus ordinaires, je me confie sur Facebook que j'ai l'impression qu'elle va être folle. C'est une question de feeling. Finalement, quand je la rencontre, elle semble gentille et attentionnée, me fait environ 5 hugs durant le 45 minutes qu'on a passé ensemble. Je me suis dis, c'est pas si pire, elle est un peu psychic ésotérique biz mais pas trop folle non plus. (Même si sa conduite automobile m'a laissé un peu perplexe.)

Fak j’emménage, et toute va bin. On chillaxe sur le divan dehors le soir en jasant, l'apparte est beau quoi que décoré en temple bouddhiste mais vaut mieux ça que des pots de langues dans le vinaigre comme déco. Rapidement, on a des conversations profondes sur la vie de type carpe diem, et elle me dit qu'elle pense que c'est le destin qu'on habite ensemble, dans le sens que j'ai besoin d'elle, j'pense bin. Moi en autant que tu me donnes de l'internet, j'peux faire semblant d'avoir besoin d'toi anytime.

J'avais réalisé au fil des jours quelques petites tendances chez-elle à promettre des choses puis changer de plan à la dernière minute. C'est correct, j'suis indépendante pis j'ai pas besoin des promesses de bullshit de personne, mais je remarque qu'elle ne remarque pas sa propre tendance. Toute va bin. Chacun sa vie chacun son chemin.

Puis commence la musique New Age à fond la caisse. Les paroles allaient comme-çi: Ahummmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm boum boum boumb boum ahummmmmm ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh  boum boumb click click shliiing.

Malade. Surtout la 10e fois de suite, on finit par vraiment avoir envie de groover sur le beat de style secte.

Des voisins font des plaintes au proprio. Elle me dit: '' le proprio dit que c'est nous quand on est saoules ( on !?!) mais c'est clairement son coloc, je l'ai entendu une fois faire du bruit à 3 a.m. Ya pas d'musique qui joue icitte....''

(.......)
Ah. Ok. *M'en vais dans ma chambre me questionner sur la signification du mot 'on' qui exclue probablement la personne à qui on parle.*

Puis un moment donné j'me fuck le dos. Je lui écris un texto disant : j'me suis chié le dos. Je reviens plus tôt de la job. Je vais manquer le party de Noël de la job ce soir. Sa réponse: you crazy girl go to your party. J'arrive à maison. Est saoule raide, et sacre toute seule en rapport à sa dépendance émotive à un alcoolique, tout en finissant une bouteille de vin en le jugeant de boire comme un trou. J'écoute, mais sachant qu'il vont refinir ensemble dans 3-4 heures, ma seule réponse est : outch esti que j'ai mal au dos. 2 heures plus tard elle me voit marcher et elle dit: omg you did your back ! Ah oui? (C'est une ancienne homéopathe, elle ne pratique plus possiblement suite à la mort accidentelle d'un client. Ou non. Le seul moyen de faire la lumière là-dessus serait une séance de Ouidja. Dans mon imagination, ça fit, cependant. )
 (ma mère va-t-être contente que je spécifie a nuance.)

45 minutes plus tard, elle me dit de pitcher de l'argent dans la face de son Pete s'il vient chez-nous. Eh....ok. Pense pas non. Elle finit donc par mettre feu aux billets totalisant une sommes de 90$, qui était de l'argent que son casanova lui devait et lui avait redonné. Méchante vengeance chienne de mettre le feu à son propre porte-feuilles. J'ai voulu éteindre le feu mais elle m'a crié de ne pas y toucher, comme quoi sa thérapie n'allait que fonctionner qu'une fois que tout serait devenu cendre. J'ai soudainement pensé qu'elle mettrait peut-être le feu à son linge de yoga dans sa prochaine folie, mais j'ai fini par me dire que c'était de ses affaires si tel était son choix et que j'avais juste envie d'aller avoir mal en paix en faisant le deuil de mon Noël du 11 décembre.

Finalement, un jour, elle a décidé d'avoir des logeurs randoms qui passent la nuit afin de faire un peu d'argent (elle, pas moi), quoi qu'elle les réveille le matin avec sa trame sonore habituelle de transe.

Il lui arrivait de tout bouger dans le fridge pour leur faire de la place  à la dernière minute. Puisqu'elle avait l'habitude de parfois manger mes fraises en pensant que c'étaient les siennes, j'ai cru qu'elle avait peut-être fait la même chose avec mon poulet qui ne donnait plus de signe de vie. Afin de ne pas lui crisser le feu au tempérament, j'ai dit avec une air coquin : fak...t'aurais pas mangé mon poulet par hasard? :)

Erreur en esti. La bonne femme a pété une coche. Elle m'a dit que sa maison est béni-te, fak nothing goes missing. Je lui ai dit: bin, peut-être que t'étais distraite ou qu'un des logeurs l'a pris, c'est pas que je pense que tu complotes contre ma bouffe ni rien, mais je ne le trouve plus. JE NE SUIS JAMAIS DISTRAITE! a-t-elle alors affirmé (sauf une fois au chalet.)

Ah. Ok. Elle m'écrit un texto alors qu'on est les deux dans l'apparte. (...)Elle dit que je l'ai attaqué avec mon poulet.

Je lui réponds que je lui donnerai le loyer des 2 prochaines semaines le lendemain mais  de prendre ça comme mon notice de préavis de départ imminent. Elle fait irruption dans ma chambre, avec la face de quelqu'un qui aurait découvert que je fais du trafic d'organes dans son dos. Elle me dit de lui apporter immédiatement le loyer des 2 prochaines semaines (?), ou que sinon j'ai 10 minutes pour sacrer  mon camps.

Hmm. Laisse-moi penser. Vivre 2 semaines avec l'enfant ménopausée de Pete et Lola en psychose, et probablement avoir mes affaires sur le bord de la rue demain sans avertissement, ou pacter mes affaires free of charge, rester en pydje et ne pas avoir le temps de torcher ma chambre avant de partir. J'ai souri, pour me retenir de répondre quoi que ce soit en riant. En même temps, j'avais les larmes aux yeux car on ne m'avait pas parler de même depuis que je me suis fait chicaner à 3 ans pour être sortie voir mes amis alors que mon père faisait une sieste et que j'étais supposée rester en dedans.

Bref, 10 minutes plus tard, j'avais pacté ce dont j'avais besoin, et oops, me voilà qui accroche ma tasse de café sur ma table de nuit qui éclabousse partout sur le mur et le tapis. My time is up, sorry psycho killer, schnell schnell comme qui disent dans Das Boot. Gotta go.

Son genre de mec arrive alors que je sors. Elle l'avait appelé en renfort afin que je ne l'attaque pas avec mon poulet à nouveau.

Quand je suis partie, en pydje (confort avant tout), elle a rit. Rire de folie là. Rire comme Jack Nicholson dans le Shinning. (Messemble qu'il rit, non?)

Mes amies de la job sont venues me secourir en char pendant que j'étais assise sur mon baluchon de 300 livres. Elles ont appelé une autre amie pour dire : mission accomplished. The package has been picked up.

Quelques jours plus tard j'ai emménagé dans une auberge de jeunesse. Depuis, c'est le paradis. C'est fou pareil comme pierre qui roule n'amasse pas mousse, alors que pierre qui voit une allemande brûler du cash amasse brique.

Il y a des papillons, des monarques, des petits, des gros, des noirs, des blancs, des multicolores, qui me tournent autour de la face, tout le temps. C'est comme Gandalf quand un osti d'papillon vient le secourir à chaque fois qu'il est dans une situation alarmante. Les papillons, c'est la classe en sale.


My (precious) Hobbit Hole.

Hier soir on mangeait des sushis sur le bord de la mer, avec la fille chez qui j'ai crashé les 2 premiers soirs après mon déménagement apocalyptique. On a vraiment connecté depuis ce temps là et on rit comme jamais. Je vois quelque chose bouger au loin, pas loin. Hey. There's an orca ! (pas un orc)
Elle dit: Ta yeule, tu me niaises, c'est une roche....AWWW there's un orca !

El sais. J'te l'ai dit. Personne me croit quand j'vois des épaulards. Yen avait au moins 3. C'était fou raide. FOU RAIDE. C'est à peine s'ils ont pas fait un saut comme dans mon Ami Willy. C'était le beach destin pis toute.

Quand j'avais 9-10 ans...11? On est allé à Baie St-Paul faire une croisière pour voir les baleines. Pas de baleine en vue. Mes parents jasent avec le capitaine. Je dis, hey, ya un épaulard là-bas. Tout le monde dit: haha petite fille pleine d'imagination qui ne connait rien, tu capotes y'a pas d'épaulard. Un touriste regarde et dit, hey, j'pense que la petite a raison, j'vois quelque chose là bas. Ils regardent, et BAM. Le dauphin déguisé en vache qui se montre la face.

Conclusion de l'histoire?

Je suis Celle qui chuchotait à l'oreille des épaulards,  pis mangez un char de poulet congelé si vous me croyez pas.

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