dimanche 15 décembre 2013

C'est pas Noël icitte

Mais tout le pays peut compter sur les voisins âgés à quelques mètres de chez-moi pour pour surcompenser le manque absolu d'ambiance (ou même de preuves) que c'est Ze Temps des Fêtes. 




Est-ce à cause du manque de lumières de Noël que Christchurch a été heurté par de sévères tremblements de colère de Dieu? Je vous laisse répondre.

Parfois, je croise des gens. Dans leur oeil, se trouve une lumière. Parfois triste, souvent illuminée, quelque fois jamais-vue. C'est cette étincelle qui fait de la vie une chose animée. Lorsque la faiseuse de café ne se sent pas barrista, et qu'elle me sourit dans son oeil qui regarde le mien, life happens. Quand dans mon coeur un élan de connection se forme avec le monsieur qui joue du synthétiseur for dummies sur un banc public, jouant pour les mouettes alors que les passants ont déserté, life happens, et quand il me dit God bless alors que je n'ai qu'une poignée de 10 cents à lui remettre en échange de cette scène précieusement sincère, la vie arrive enfin dans le portrait. 

Quand l'hôtesse de l'air de 57 ans blasée de son 498e voyage à Hawaii me vend méchaniquement un sangwouish à 10$US avec un sourire tellement professionnel que la lumière s'éteint dans ses yeux, on est en plein coeur de la vérité. Quand on s'excuse pour quelqu'un qui nous rentre dedans sans s'excuser, on creuse, on creuse, et on creuse encore plus profond au coeur d'une mine de réalité. 
Quand les oiseaux tassent les feuilles d'un mouvement de tête sec dans l'espoir d'y trouver des insectes à grignotter, je vois en nous cette même communauté du moineau. Sur les médias  sociaux, les gens qui creusent pour des bibittes, les autres qui s'en nourrissent, nous allons tous venir en aide à Frodo. L'un avec son arc à likes, l'autre avec son word, l'autre autre avec sa hache tag. Les autres avec leurs costumes et leur script. Life happens.

Quand mon  nouveau billet affiche 0 views après 10 minutes sur  FB, life tickles. On est en pleine game de je-te-tiens-par-la-barbichette-le-premier-qui-rira-aura-une-flash-light-dans-les-yeux.

Dans l'avion, il y a 15 mois, de grosses larmes salissaient ma face. Quand vais-je revoir les miens? Qui seront les futurs miens? Les miens d'hier seront-ils toujours là? Qui ne rit de rien n'a rien. Alors je suis partie comme dans une soif de vie. Make your life extraordinary, me suis-je dit en citant Robin Williams dans Dead Poets Society. 

Puis j'ai souri lorsque j'ai reçu mon sangwouish à 10$US de la main de cette voyageuse professionnelle désabusée.

On s'habitue à tout. Au laid comme au beau.  En plein jour ou dans le noir, l'oeil s'aiguille en signe d'adaptation. 

Il ne reste plus qu'à savoir reconnaître le précieux, et tout ira. L'important ce n'est pas le départ ou le retour. 

C'est le sangwouish à 10$US.

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