mercredi 16 octobre 2013

Les gênettes / petites gênes (Poème Alert avec un grand A)

Je n'aimerais pas être soignée par une femme médecin âgée. J'aurais peur.
 Je me dirais: tout d'un coup, dans sa génération, qu'on n'estime pas autant les femmes voilées que les autres,
 qu'on ne laisse pas partir les vieux préjugés assez vite.

Je n'aimerais pas que la mise en scène sociale soit portée par l'époque des cabarets et leurs claquettes clinquantes.
J'aurais peur que demain ça engendre des Joël Legendre at best.

Je n'aimerais pas qu'on n'empêche les gens valeureux de parler, de quelconque âge.
Mais j'aurais peur que l'opinion des people aie plus de portée que la tienne.

Je  n'aimerais pas que la révolution féministe soit produite par les Productions J.
J'aurais peur de devenir porteuse de valise émérite, fertile de royautés, dans ma jaquette devant la tévé.

Je n'aimerais pas que l'on discute de nous par la bouche des fameux, que l'on approuve et
réfute d'un mouvement de tête, en spectateur, manger leurs petits pains chauds d'hier.
J'aurais peur qu'on soit un peuple dont l'estomac est aussi vide que l'appétit, qui ne sait qu'approuver et désapprouver les autres, sans jamais dire soi-même.

Je n'aimerais pas qu'on oubli le passé,
Mais j'aurais peur que Gilles Latulipe me parle des immigrés. C'est plate de même.

Je n'aimerais pas être songée par une autre tête. J'aurais peur de n'exister que parce que Marie Laberge m'a inventé dans son best-seller.

Je n'aimerais pas être à l'autre bout du monde, et me rendre compte que 1954 s'est faite une teinture auburn pour cacher l'écran de noir et de blanc qui la sublime.
J'aurais peur de confondre mythes et boules à mites, sénilité et sérénité.

So fuckyall soumis et so sue me.

2 commentaires:

Le 22ième siècle vous remercie de votre présence, et espère que vous passez un agréable moment en compagnie de votre perruque.