
samedi 10 septembre 2011
Des enfants, c'est pas comme des REER. Ce n'est pas un investissement d'en avoir 12.

samedi 8 janvier 2011
Foglia, yé bizarre (un peu).
Je dois souligner la magnifique introduction de la chronique du jour de Monsieur Pierre Foglia.
T'es vieux, mais t'as encore assez de cheveux pour aller chez le barbier. Des fois, pour t'amuser, tu vas dans un salon de coiffure de la rue Milton, tenu par une demoiselle punk, mais c'est juste un déguisement, même les échelles dans ses bas sont fausses. Elle te connaît comme son vieux-client-de-la-campagne-qui-élève-des-lapins. C'est ce que tu lui as raconté.
Avant de commencer, elle ôte tes lunettes en te tutoyant: Je peux ôter tes lunettes? Toujours les lapins?
Tu réponds: Ah oui, toujours.
Hier, quand t'es entré dans le salon, elle n'était pas là. Il y avait une dame derrière un comptoir qui vendait des bijoux. T'as cru t'être trompé de porte. Vous venez pour le salon de coiffure? C'est fini, a dit la dame.
Ça fait longtemps?
Deux mois.
Alors t'es allé te faire tondre dans un sous-sol du Quartier chinois où tu vas des fois. T'aimes bien cet endroit aussi, où t'es toujours le seul client pas chinois. Y ricanent comme des cons en te voyant arriver. Sont trois ou quatre, les cheveux teints de toutes les couleurs avec des mèches en l'air. Sous une chaise, il y a un chien-chien frisotté, pédé, c'est comme rien. C'est jamais le même Chinois qui t'entreprend, mais c'est toujours expéditif. Tu le sais pas, mais tu fais l'objet d'une course. Celui qui t'expédiera le plus vite gagne un voyage à Hong Kong. C'est celui d'hier qui a gagné, t'as pas remarqué? Un coup parti, il n'a pas relevé la tondeuse une seule fois. Zoummmm, c'était fini, 17 secondes et demie. Il a crié: J'ai gagné! en chinois. Mais les autres ont contesté: Tu as triché, tu ne lui as pas fait le tour des oreilles.
Ta femme aussi l'a remarqué quand tu es arrivé à la maison: Il ne t'a même pas fait le tour des oreilles.
Des fois, tu trouves que, pour un monsieur qui n'a presque plus de cheveux, tu mènes une vie incroyablement pleine de rebondissements.
On peut vraiment écrire n'importe quoi de nos jours. Ou peut-être juste quand on signe nos textes avec le nom Foglia. C'est infiniment poétique comme phénomène, donc infiniment inutile.
J'adore. Mais je déteste dior.